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| L'Architecture Les viscissitudes de l'édifice L‘église Saint-Louis subit peu de transformations jusqu’à la Révolution et son histoire est dénuée d’événements majeurs, la paroisse royale restant Notre-Dame. Cependant, quand s’ouvrirent les Etats Généraux de 1789, ce fut à Saint-Louis que la procession solennelle des Trois Ordres se rendit et c’est de la chaire de l’église que l’évêque de Nancy dénonça les abus de la cour. Plusieurs séances des Etats se tinrent également à Saint-Louis au mois de juin. En 1790, Versailles devint siège d’un évêché. Le premier évêque constitutionnel, M. Avoine, choisit Notre-Dame pour cathédrale. Par la suite, l’église fut fermée et, la plupart des objets du culte ayant été confisqués, transformée en temple de l’Abondance. On lui en figura les attributs sur la façade et un laboureur fut même peint sur le frontispice de l’église. Dès que le culte catholique fut rétabli, l’évêque constitutionnel qui avait succédé à Avoine, M. Clément, préféra Saint-Louis à Notre-Dame et c’est ainsi que l’église devint définitivement cathédrale. Le premier évêque concordataire, Mgr Charrier de la Roche, ratifia ce choix. Il eut le bonheur d’accueillir dans sa cathédrale, le 3 janvier 1805, le pape Pie VII venu à Paris pour le sacre de l’Empereur. Le Saint Père donna sa bénédiction à la foule des fidèles massée sur la place. Il dîna seul à l’évêché, selon l’usage, tandis que l’évêque traitait à sa table les principales notabilités de la ville. Si Louis XVIII et Charles X n’eurent pas l’occasion d’honorer la cathédrale de leur présence, Louis-Philippe y assista à un Te Deum chanté en 1837 à la suite de la prise de Constantine. En 1875, la messe du Saint-Esprit de l’Assemblée nationale y fut solennellement célébrée. Pendant la Révolution, l’église avait subi d’assez graves injures. Les dégâts furent peu à peu effacés. De nouvelles œuvres d’art vinrent enrichir la cathédrale au XIX° siècle ou furent restituées, d’intelligentes restaurations exécutées. L’église Saint-Louis, sans être comparable aux grands édifices du Moyen Age, mérite une visite détaillée |
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L’extérieur Mansart de Sagonne a adopté le plan traditionnel d’une croix latine, avec une nef, des collatéraux flanqués de chapelles, un transept, un chœur entouré d’un déambulatoire semi-circulaire coupé par une abside terminée par une chapelle axiale dédiée à la Vierge. Les bras du transept sont de forme arrondie. L’église n’est pas orientée : le maître d’autel est placé vers le sud. La façade est située sur un emmarchement de huit degrés et comporte deux étages. L’étage inférieur est percé de trois portes. La principale est flanquée de six colonnes doriques, les portes latérales de deux colonnes du même ordre. Le second étage, qui ne règne que sur la partie centrale, répète exactement la disposition du rez-de-chaussée. Il ouvre sur une baie en plein cintre dans la partie supérieure de laquelle on a placé l’horloge. Deux larges volutes contre-butent cet étage. Au-dessus, la façade est amortie par un fronton triangulaire sommé d’une croix dorée. Les armes de France (bûchées pendant la Révolution)’ surmontées d’une couronne royale, sont accostées de deux ailes. Les deux tours, de plan carré, sont légèrement en retrait de la façade. Elles sont décorées de colonnes doriques adossées et surmontées de vases de pierre. Les piliers d’angle sont placés suivant les diagonales d’une manière originale. Ces deux tours sont chapeautées d’un dôme tracé sur un carré aux angles légèrement abattus. Chaque dôme s’achève par une contre-courbe qui supporte une flèche bulbeuse. Une disposition analogue se retrouve au carré du transept où le dôme d’aspect plus important est également sommé d’une sphère que domine la croix. On croit qu’en adoptant cet amortissement en forme de bulbe, l’architecte a voulu délicatement rappeler à la reine de France Marie Leczinska les édifices religieux de sa Pologne natale. Ce n’est pas impossible. Si l’architecte Gabriel fut quelque peu ulcéré de n ‘avoir pas construit l’église Saint-Louis, il prit sa revanche en édifiant à La Rochelle une église rigoureusement identique et sous le même vocable. Il est d’ailleurs malaisé de déterminer l’antériorité des plans. Il est probable que les deux architectes les dessinèrent en même temps. La cathédrale Saint-Louis, dont les lignes sobres
se détachent harmonieusement, constitue extérieurement
un ensemble équilibré. Vu du Jardin du Roi (aujourd’hui
potager de l’École nationale du Paysage), c’est un
édifice élégant, qui n’a pas l’aspect
massif que l’on reproche souvent aux églises de style classique
ou baroque. |
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| L’intérieur La nef, à cinq travées, est scandée de pilastres engagés d’un relief assez mince, amortis par des chapiteaux corinthiens. On admirera la beauté des cartouches qui marquent la clef de chacune des grandes arcades. Ils sont encadrés de guirlandes de roses. Au revers de la façade, la tribune de pierre est supportée par un grand arc qui s’appuie de chaque côté sur une console. Elle se relève en accolade pour porter le buffet d’orgue de Clicquot. Au-dessus des grandes arcades, l’église est éclairée par des baies à lunettes dont les voûtes pénètrent dans celles de la nef, selon le procédé habituel employé à cette époque. Longue de 93 mètres, haute de 23, la nef est en effet couverte d’une voûte à pénétration dont les doubleaux incorporés sont appareillés avec les claveaux des berceaux et atteignent près d’un mètre d’épaisseur. Les voûtes des collatéraux retombent sur des piliers aux chapiteaux corinthiens. Le carré du transept est couvert d’une coupole sur pendentifs sculptés. Elle est elle-même surmontée d’une seconde calotte au dôme surbaissé dont les sculptures ne furent jamais terminées, comme l’établit la présence des pierres en bossage. Chaque bras s’achève en hémicycle, un autel étant placé contre le mur gouttereau. Cet autel est flanqué de deux belles portes de chêne sculpté. Au-dessus de chacune de ces portes se trouvent des tribunes. Selon la tradition, celles-ci auraient été réservées aux hôtes du palais quand ils assistaient aux offices de Saint-Louis et, sous le Premier Empire, aux personnages officiels invités aux cérémonies publiques. Le chœur, circulaire, comporte trois travées et une abside. Les piliers, comme la corniche, reproduisent identiquement ceux de la nef. Le déambulatoire qui entoure le chœur s’arrête, en fait, à la hauteur de la chapelle axiale. On prétend que c’est par mesure d’économie qu’il fut ainsi édifié. La chapelle axiale, qui s’achève par une abside, s’ouvre donc directement derrière le maître-autel. Les chapelles qui flanquent les collatéraux et le déambulatoire sont dédiées, du côté gauche, à saint Julien, aux Trépassés, à sainte Geneviève et à saint Pierre. Au-delà du bras gauche du transept, on trouve la chapelle de 1’Ecce Homo, celles de saint François, de saint Vincent de Paul, du Sacré-Cœur et de saint Joseph. Du côté droit, se présente d’abord la chapelle des fonts baptismaux, puis celles de la Présentation de la Très Sainte Vierge et de saint Charles (qui occupe deux travées). Au-delà du transept, les trois chapelles qui entourent le chœur sont dédiées au Bon Pasteur, à saint Louis et à saint Jean-Baptiste. La chapelle de la Providence (ou des Catéchismes) jouxte, à
gauche, les chapelles de l’Ecce Homo et de saint François.
On y pénètre par l’intérieur. C’est
un édifice rectangulaire formé d’une salle centrale,
dont le dôme est voûté de caissons couronnés
d’un oculus qui laisse entrer le jour, et de deux autres salles
plus petites qui flanquaient jadis le maître-autel. Il est éclairé
par quatre fenêtres surmontées de bas-reliefs exécutés
par le sculpteur Augustin Pajou. Un autre bas-relief se trouve au-dessus
de la porte centrale. Des médaillons, également dus à
Pajou, décorent les murs. |
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