HISTOIRE DE L'ÉGLISE SAINT-LOUIS
DES ORIGINES A LA CONSÉCRATION COMME CATHÉDRALE
 
Béatrice VOISARD
Licence d’histoire
Mai 1997
 
INTRODUCTION
 
AUX ORIGINES DE LA PAROISSE SAINT-LOUIS
 
Sous le règne de LOUIS XIII, une réserve de chasse, dénommée "parc aux cerfs", avait été constituée et enclose de murs tout près du château. Elle avait pour limites le chemin de Satory (actuelle rue du Maréchal Joffre), la rue du Rossignol (actuelle rue Monseigneur Gibier), la rue des Mauvais-Garçons (actuelle rue Édouard Charton), la rue des Mauvaises-paroles (actuelle rue Henri de Régnier), l’avenue de Sceaux et la partie de la rue de l’Orangerie maintenant nommée rue du Général Leclerc.
 
Vers la fin de son règne, LOUIS XIV sacrifia le Parc aux Cerfs pour y édifier des logements rendus indispensables par l’accroissement de la population de Versailles.
 
Le roi en fit abattre les murs, renverser les maisons des gardes. Il concéda des terrains à bâtir après avoir tracé lui-même le quadrillage régulier des rues avec ses deux grands axes: la rue Royale et la rue d’Anjou, se recoupant place du Marché.
 
Mais le nouveau quartier, destiné aux tenants d’offices du Château et réserve foncière, se développait très lentement. En effet il lui manquait un élément essentiel une église.
 
LOUIS XIV, mort en 1715, avait dû détruire la vieille et petite église Saint-Julien (quartier du Vieux-Versailles) pour l’établissement du Grand-commun, et la chapelle de cette nouvelle dépendance du palais était à peine suffisante pour son personnel composé de plus de deux mille personnes. Le quartier du Vieux-Versailles ne pouvait donc être d’aucune aide pour pallier le manque de lieu de culte du nouveau quartier Saint-Louis.
 
Les habitants de ce dernier devaient donc se rendre à la paroisse NOTRE-DAME pourtant bien éloignée.
 
C’est pourquoi au retour de la Cour en 1722, le roi LOUIS XV décida de construire à ses frais une petite église à Saint-Louis et dont nous allons étudier l’histoire mouvementée.
 
 
A PROPOS DE L'EMPLOI DES DOCUMENTS
 
La recherche s’est effectuée à partir de documents originaux dont les plus communs étaient mentionnés dans quelques ouvrages généraux.
 
L’objet était donc de retracer, à partir de ces documents, l’histoire de la petite chapelle Saint-Louis jusqu’en 1743, date de la consécration de la Cathédrale et qui semble marquer la fin d’un siècle agité pour l’église.
 
Il a donc fallu faire appel à des sources d’origines et de natures tout à fait différentes.
 
Donnons quelques informations sur les documents utilisés:
 
 
QUELS SONT-ILS ?
 
- Les plus évidentes sont les informations visibles dans l’église elle-même: statues,
inscriptions...
- Viennent ensuite les registres paroissiaux qui sont la vie même de l’église
- Puis les différents plans qui ont participé à la conception de l’église
- Quelques lettres pastorales auxquelles on peut ajouter sermons et discours
conservés
- Des livres de comptes qui concernant surtout les travaux effectués à différentes
époques
- De nombreux procès-verbaux fort utiles pour connaître le déroulement de certains
épisodes
- Deux arrêts de la Cour du Parlement
- Quelques articles de journaux du XIX° siècle (Journal Officiel et La Gazette de
France).
OU LES TROUVER ?
 
- A la bibliothèque de Versailles qui possède un fonds fourni concernant la
Cathédrale Saint-Louis
- Aux Archives Départementales des Yvelines
- Aux archives de la paroisse Saint-Louis (évêché et église)
 
Afin de dégager la structure de l’étude, les natures des documents utilisés ont été soulignées tout au long du texte.
 
 
 
 
PREMIÈRE PARTIE                                                                haut de page
 
L'ÉGLISE AVANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
 
 
LA CHAPELLE PROVISOIRE SAINT-LOUIS
 
L’urgence de la demande hâta donc LOUIS XV.
 
On décida pour élever cette chapelle et le couvent qui devait lui être attenant un assez grand espace bordé par la rue de Satory, la rue d’Anjou, la rue Saint-Louis et la rue des Tournelles.
 
Le plan était une croix latine avec deux petits transepts. Celui de gauche faisait saillie sur la cour et le jardin. La nef était éclairée sur cette petite cour par trois grandes fenêtres. Derrière le transept se plaçaient la sacristie et un escalier. Le maître-autel était au fond du sanctuaire, de plan carré au-dessus de trois marches. A la naissance du chœur il y avait un autel secondaire de chaque côté de la balustrade de communion. La cuve baptismale se trouvait dans la chapelle partant du transept droit.
 
On trouve indiqués dans certains documents des armoires et un grand meuble dans la sacristie pour ranger chasubles et dalmatiques.
 
A l’étage, des tribunes pour le public s’étendaient au-dessus de l’entrée et des deux transepts. Il n’y a aucune mention d’orgue.
 
Les premiers paiements de travaux pour la construction paraissent en 1724.
 
Quelques exemples peuvent être cités:
- Biaise LEGOUX (maçon) reçut pour ses travaux 7150 livres en 1727
- Jacques RIVET toucha le 18 août 1730, 400 livres pour la confection du tabernacle
- Le charpentier Louis-Félix GIRARDIN reçut le 27 juillet 1728 son parfait paiement pour son travail,, montant à plus de 30000 livres
- La vitrerie de la chapelle et du bâtiment n’a coûté que 1734 livres
- Jean-Baptiste LUCAS, plombier, a eu 3622 livres
-Le serrurier [AMIRAL reçut 7700 livres
 
Si nous avons plusieurs plans, nous ne possédons aucune élévation, soit de façade, soit de côté, ce qui ne nous donne aucun renseignement sur la façon dont cette chapelle était couverte; une voûte? Plutôt un plafond de charpente, peut-être peint en blanc et sur lequel se détachait un grand cercle dont la projection se trouve sur les plans.
La petite chapelle fut rapidement construite; dès le premier avril 1727 on v disait la messe cour les inhumations.
 
Nous le constatons par la teneur de l’Obituaire en date duquel nous lisons:
 
"Le présent registre contenant cent feuillets a été par Nous François Alexandre Tresson, conseiller du Roi, bailly juge ordinaire civil et criminel (...), coté et paraphé en tous les feuillets pour servir au sieur Michel prestre de la Congrégation de la Mission, desservant la chapelle Saint-Louis, succursale de l’église royale et paroissiale de Versailles, à écrire jour par jour, sans aucun blanc, les sépultures qui se feront dans l’étendue de ladite succursale à commencer du premier avril prochain (...).
 
Fait à Versailles le trente-et-un mars 1727 ".
 
L’année suivante on put y faire les baptêmes (on peut lire sur le premier registre la date du 17 mai 1728)
 
Nous pouvons faire remarquer que, conformément à la teneur de l’autorisation, il n’y eut aucun mariage jusqu’en 1730, car la petite église n’était que la succursale de Notre-Dame et la paroisse-mère se réservait toute juridiction sur ce point.
 
Par l’ordonnance du 4 juin 1730, Monseigneur de VINTIMILLE sépara la succursale de la paroisse Notre-Dame et érigea ladite succursale en paroisse indépendante pour le quartier du Vieux-Versailles et le parc aux cerfs.
 
Le procès verbal est ainsi rédigé:
 
"Nous, André Bernard Constance de Forbin d’Oppède, aumônier du Roi, vicaire générai de Monseigneur l’archevêque de Paris, nous somme~ transportés en l’église Saint-Louis, sise au Parc aux cerfs, où, après avoir, dès neuf heures du matin, fait exposer le Très Saint-Sacrement et fait sonner toutes les cloches pour rassembler les fidèles, nous avons lu et promulgué dans la chaire de ladite église, le décret de Monseigneur l’Archevêque en date du jour d’hier, portant érection de l’église Saint-Louis en paroisse libre et indépendante de celle de Notre-Dame et contenant séparation des limites des deux paroisses et autres règlements, et ensuite donné la bénédiction du Très Saint-Sacrement de l’autel. En foi de quoi nous avons signé le présent acte tant sur les registres de ladite église que sur la grosse dudit décret.
 
Fait à Versailles en présence des témoins soussignés
(suivent près de cinquante signatures)"
 
Le roi confirma cette érection par un édit daté de décembre 1731 et après maintes querelles les marguilliers et le curé de Notre-Dame donnèrent leur consentement pour l’enregistrement de l’édit royal. La nouvelle paroisse était donc à partir de ce jour fondée et acceptée sans conteste.
 
La petite église n’était que provisoire et l’afflux des paroissiens devenait tel que le roi se décida à construire la grande église prévue.
 
 
LA CONSTRUCTION DE L’ÉGLISE ACTUELLE                                                                                haut de page
 
QUELQUES MOTS A PROPOS DES ARCHITECTES...
 
C’est naturellement le Service des Bâtiments du roi, donc le Premier architecte du roi qui s’était mis depuis 1724 à l’œuvre. C’était alors Robert de COTTE, beau-frère et successeur de Jules-Hardouin MANSART, mort en 1708.
 
Nous connaissons plusieurs plans, projets pour cette église. Ils sont conservés dans les registres du Cabinet des EstamDes. Ils proviennent tous des papiers dits de Robert de COTTE. Trois d’entre eux portent une mention semblable:
 
"Plan projeté pour la nouvelle paroisse dans le Parc aux Cerfs à Versailles, fait par Monsieur de COTTE en l’année 1724."
 
Le dernier porte de plus cette mention particulière:
 
"Ce projet a été pareillement approuvé par S.A.S. le même jour et par le duc d’Antin -Surintendant des bâtiments-"
Ce plan donc est celui qui devait être normalement exécuté ; cela fut, mais bien longtemps après.
En 1742 on tira des cartons du Service des Bâtiments les plans faits par de COTTE.
 
Il y avait longtemps que ce dernier était décédé. Jacques-Ange GABRIEL, à la mort de son père (Gabriel V), lui avait succédé dans la charge de Premier architecte du roi. Occupé par les travaux à faire pour Louis XV (comme l’aménagement des résidences royales), il ne pouvait prendre en charge la construction de la grande église.
 
Il fallait un bon architecte habitué aux édifices religieux pour cet ouvrage.
 
C’est Jacques HARDOUIN-MANSART DE SAGONNE né en 1709, l’année qui suit celle de la mort de son illustre grand-père, qui fut choisi. A Paris il avait déjà construit le cloître des Dames de Saint-Chamant. Paré de sa brillante parenté, il accepta et se mit à l’étude du dossier de Saint-Louis de Robert de COTTE.
 
 
LES TRAVAUX
 
Le plan englobait en entier l’enclos que formaient la rue de Satory, la rue d’Anjou, la rue Saint-Honoré et celle des Tournelles, lieu central du quartier Saint-Louis.
 
Les travaux commencèrent le huit mai 1742 par les fouilles. Un an plus tard, le douze juin 1743, eut lieu cérémonie de la pose de la première pierre de l’église par le roi lui-même. Toute la famille royale assista à cette cérémonie très simple; le roi seul y joue en rôle, le dauphin est près de lui ; la reine et Mesdames ne sont que spectatrices.
 
Voici comment il en est rendu compte aux registres de la paroisse:
 
(Extrait du registre des baptêmes de l’église Saint-Louis)
 
"L’an dix sept cent quarante trois, le douze juin, le Roi a posé la première pierre de l’église Saint-Louis que sa piété et sa libéralité l’ont engagé à nous faire bâtir pour subvenir à notre pressant besoin et pour procurer à nos cérémonies, à nos offices, toute la décence et la splendeur qu’exige le culte divin. Monseigneur l’Archevêque de Paris a fait la bénédiction de la pierre, en présence de Sa Majesté, de la Reine, de M. le Dauphin, de Mesdames de France, assisté du clergé de notre paroisse, entouré d’un grand concours de personnes de toutes sortes d’état et de condition. La boîte aux médailles renferme une en or, quatre en argent sur lesquelles sont représentés les principaux événements du siècle présent : le sacre du Roi (25 octobre 1722), la naissance du dauphin (4 septembre 1729), la dernière paix conclue avec le feu empereur (16 mai 1736), et le mariage de Madame avec Don Philippe (26 août 1739)".
 
Cette boîte fut revêtue d’une plaque de cuivre portant cette inscription:
 
"Ad Iaudem Dei Virginisque Mariae
Ludovicus Decimus Quintus
posuit hunc primarium lapidem
benedicto decimo quarto summo pontifice
Archiepiscopo Carolo Gaspare Guillelmo de Vintimille
de Comitibus Massiliae de Luc benedicente ".
 
Le tout fut enveloppé d’une autre plaque de plomb et fut mis sous la première pierre qui fit la partie inférieure d’un pilier du sanctuaire du côté de l’évangile, à peu de distance de la place destinée au grand autel.
 
Les travaux furent longs, notamment à cause des sols particulièrement marécageux à cet endroit.
 
Pendant ce temps la paroisse continuait de croître et les documents concernant sa vie abondent. Il s’agit bien entendu des classiques registres paroissiaux, mais aussi de documents plus originaux.
 
Pour ne prendre qu’un exemple, citons:
"L’arrêt de la cour du Parlement du 4 décembre 1743 portant règlement pour la reddition des comptes de l’église royale et paroissiale Saint-Louis de Versailles".
 
En résumé, il témoigne de l’interdiction aux marguilliers de la paroisse d’employer dans leurs comptes la dénomination de "faux frais", dont ils avaient apparemment tendance à gonfler les dépenses. Et le roi s’affirme en faisant rechercher tous les anciens marguilliers depuis 1731 qui sont tenus de rembourser 40 livres par an "pour usage abusif".
 
Ce document inattendu témoigne, en plus de l’épisode anecdotique, de l’intérêt du roi pour la paroisse.
 
Le 24 août 1754, l’église Saint-Louis fut bénite par le curé suite aux ordres de M. L’Archevêque de Paris, et le lendemain on y dit pour la première fois, pour célébrer le grand patron de la famille royale, la messe dans la plus grande solennité.
 
Les travaux se poursuivirent l’année suivante, et le 15 décembre 1755, on baptisa les sept nouvelles cloches.
 
LOUIS XV attendait beaucoup de la beauté escomptée de la nouvelle église. Cependant il ne comptait absolument pas supporter les dépenses des travaux. A qui furent-elles confiées ? Les économats. Ce dernier était la régie des biens ecclésiastiques. Par le Concordat conclu entre le pape et les bénéfices ecclésiastiques pendant la vacance des titulaires. Peu à peu l’usage de laisser les bénéfices vacants devint un moyen déguisé de prélever sur les biens du clergé un impôt assez considérable. L’usage s’établit d’employer une partie de cet argent à la construction de nouvelles églises, et ce fut le cas pour Saint-Louis de Versailles.
 
En conséquence quatre abbayes avaient été "mises aux Économats" pour fournir à la dépense de Saint-Louis.
 
Les travaux avançaient relativement vite, mais la cadence n’était pas la même pour ceux-ci et pour les règlements: les entrepreneurs étaient en avance de i 200 000 livres. Louis XV décida de donner 100 000 livres à prendre sur chacune des abbayes pendant dix ans.
 
Les archives de la paroisse attestent la liste des abbayes avec le nom des bénéficiaires. Elle est datée 17 avril 1745
"Abbaye de Saint-Etienne de Caen à M. L’Archevêque de Rouen.
Celle de Tournus à M. l’Evêque de Limoges
Celle de Fécamp à l’abbé de Canillac, ministre du Roi à Rome
Celle de Préaux à l’abbé de Saint-Aubin, comte de Lyon
Celle de Saint-Rémy-en-Reims à M. de Laon. (...)"
 
Ce document est intéressant en tant qu’il montre la diversité des bénéficiaires.
 
 
L’ÉGLISE PENDANT LES DERNIÈRES ANNÉES D’ANCIEN RÉGIME                                             haut de page
 
L’ancienne église fut abattue en 1760 et le presbytère construit sur son emplacement. Ses vastes dimensions s’expliquent par l’importance du clergé attaché au service de Saint-Louis: douze religieux lazaristes, deux clercs et quatre frères coadjuteurs, plus un grand nombre de domestiques.
 
Le roi avait fondé la paroisse en lui donnant 11400 livres de rentes, moyennant quoi la Congrégation de la Mission s’engageait à servir à perpétuité cette paroisse sans demander aux fidèles ni rétribution, ni casuel.
 
L’église continue de se parer pendant les décennies suivant sa construction:
• d’un grand orgue construit par le plus célèbre facteur de l’époque, CLIQUOT, en 1760;
• de tableaux d’une grande valeur (VANLOO, BOUCHER...)
• d’une profusion de vases sacrés et d’ornements dons des principaux personnages de la Cour.
• de six magnifiques lustres en cristal de Bohême, dons de la Reine Marie LESZCYNSKA.
 
En 1764 avait été annexé à l’église un "charnier", chapelle mortuaire destinée au dépôt du corps des défunts que l’étiquette ne permettait pas de garder "sous le toit du Roi". Elle fut ornée de très beaux bas-reliefs et de huit médaillons en taille directe de Pajou. Elle devint par la suite "Chapelle des Catéchismes".
 
Jusqu’à la Révolution, l’église Saint-Louis, sans être "Paroisse Royale" (qui était la paroisse Notre-Dame), fut cependant associée de près à la vie de la cour. Le Roi y vint à plusieurs reprises; Mesdames, filles de France travaillèrent de leurs mains aux ornements; les plus grands prédicateurs de l’époque y prêchèrent l’Avent, le Carême, la Saint-Louis.
 
La première réunion du chapitre des Ordres royaux et hospitaliers de Notre-Damedu-Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem s’y tint sous la présidence du Comte de Provence, Grand Maître de ces Ordres (document du 19 avril 1774).
 
Vieux inventaires et livres de comptes de l’époque, permettent de se rendre compte de la splendeur du culte à Saint-Louis en ces dernières années d’Ancien Régime. Outre le clergé, les comptes de 1762 énumèrent un personnel étonnamment nombreux: quatre chantres, deux "serpents", un suisse, deux bedeaux, cinq "garçons", un carillonneur, un blanchisseur, une ouvrière en linge, une ouvrière en dentelles, un couvreur, un vitrier, un frotteur du chœur, Il faut d’ailleurs faire remarquer qu’à cette liste sont ajoutés un chantre et un serpent "pensionnaires" qui continuent de toucher leurs gages "leur vie durant" à titre d’anciens Serviteurs de l’église.
 
 
 
 
DEUXIÈME PARTIE                                                               haut de page
 
SAINT-LOUIS APRÈS 1789
 
 
L’ÉGLISE PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
 
Après une procession partie de Notre-Dame, une réunion plénière en l’église Saint-Louis marqua l’ouverture des Etats-Généraux le 4 mai 1789. Ils furent inaugurés par une messe Solennelle en présence de LOUIS XVI.
 
Six semaines après, il y avait déjà mésentente entre les députés et le Roi. Les Etats-Généraux avaient été convoqués pour le 22 juin dans la salle du Jeu-de-Paume. Pendant la nuit, le Roi donna contre-ordre et remit la réunion au 23. En conséquence les députés se réunirent encore une fois dans l’église Saint-Louis.
 
 
Voici comment le "Moniteur" rend compte de cet incident:
 
"Séance du 22 juin 1789 dans l’église Saint-Louis :
 
Des hérauts d’armes ont proclamé aujourd’hui à huit heures du matin le renvoi de la séance royale à demain 23. L’entrée de la salle étant toujours interdite par les gardes, les membres de l’assemblée se sont d’abord réunis aux Récollets, ensuite à l’église Saint-Louis qui offrait un emplacement plus vaste et plus commode.
 
L’assemblée avait été formée vers onze heures dans la nef.
 
M. de Bailly a dit qu’un héraut d’armes lui avait apporté à deux heures après minuit une lettre du Roi, écrite de la main de Sa majesté et conçue en ces termes:
 
"Je vous préviens, Monsieur, que la séance que j’avais indiquée pour lundi n’aura lieu que mardi à dix heures du matin et que la salle ne sera ouverte que pour ce moment. (...) "
 
Malgré le Roi, la séance eut donc lieu le lundi dans l’église; on peut en lire dans le "Moniteur" tous les incidents. Cent-quarante-neuf membres du clergé s’y étaient associés aux membres du Tiers-Etat.
 
Concernant cette journée, un document retient l’attention: c’est un extrait du "Procès-verbal de l’Assemblée Nationale du 22 juin 1789 (en l’église Paroissiale Saint-Louis) à 10 heures du matin".
En fait, il s’agit du compte-rendu du serment prêté par les députés absents le 20 juin précédent (Serment du Jeu de Paume) " pour raisons insurmontables ". Suivent les noms de 71 députés.
 
Ce document est intéressant car il montre que l’église Saint-Louis fut le cadre d’événements notables.
 
Les finances étant le principal motif d’inquiétude, l’Assemblée Nationale décréta une contribution extraordinaire et la fabrique de Saint-Louis envoya à la Monnaie, pour être fondue, une part de son orfèvrerie le Il novembre 1789.
 
On trouve, toujours dans les archives de la Cathédrale, la liste des biens qui furent souvent obtenus comme nous l’avons vu grâce à la famille royale.
 
" (...) Deux paires de burettes et leurs bassins, quatre encensoirs et leurs navettes, deux bénitiers et goupillons, une aiguière de vermeil avec sa cuvette, deux flambeaux (...) ".
 
On avait créé pour chaque département une assemblée électorale. Dans la Seine-et-Oise, la séance d’ouverture se fit à Saint-Louis le 17 mai 1790. On y prononça un éloquent discours dont l’impression fut votée et arrêtée par ladite assemblée. Nous le trouvons aux archives de la bibliothèque de Versailles.
 
La constitution Civile du Clergé ouvrait pour Saint-Louis les mauvais jours. Versailles fut désignée pour être le siège épiscopal de Seine-et-Oise. Les électeurs furent convoqués à Notre-Dame et la bibliothèque municipale possède encore les lettres d’appel et les discours prononcés dans les séances préparatoires des 5 et 7 décembre 1790. Le 8 décembre 1790, fut élu l’évêque de Seine-et-Oise, Jean-Julien AVOINE (nous possédons le discours qu’il prononça pour la circonstance) or il choisit comme cathédrale l’église Notre-Dame.
 
A Saint-Louis, les Lazaristes qui avaient unanimement refusé de prêter le serment constitutionnel: leur communauté fut dissoute, ils quittèrent Versailles. Nous sommes en mesure de préciser la date car le dernier acte du curé Jean-André JACOB est du 27 mars 1791.
 
L’un d’eux, Jacques-Henri GRUYER devait mourir comme martyr au séminaire Saint-Firmin le 2 septembre 1792: une chapelle lui est consacrée dans l’actuelle cathédrale et sa canonisation en 1992 donna lieu à de nombreuses célébrations
 
Jean BASSAL, ancien vicaire de Notre-Dame, un des premiers assermentés de Versailles, prit possession de la cure de Saint-Louis le 10 avril 1790 (le document de sa première délibération datant du 23 avril 1791). L’année suivante il quitta ses fonctions pastorales pour une place au Ministère de la Guerre. Son successeur, Jean-Félix BUTTEL, apostasia en 1793 et se maria en novembre 1794.
Cette succession de curés dont on trouve les traces est importante en tant qu’elle précède la fermeture de Saint-Louis au culte catholique.
 
La confiscation que méditait le gouvernement ne pouvait être complète qu’à l’aide d’un inventaire général fait dans toutes les paroisses du royaume.
 
C’est pourquoi nous trouvons aux Archives Départementales des Yvelines un inventaire daté du il octobre 1792 et effectué par des commissaires. De nombreux objets, nous l’avons vu, avaient déjà été fondus. Voici une partie de ceux qui furent confisqués à la suite de l’inventaire retrouvé:
 
" (...) trois ciboires, quatre calices, quatre encensoirs, cinq instruments de paix (...), un reliquaire de Saint-Louis en bois doré: une croix d’ébène garnie d’argent où est enfermé un morceau de la vraie croix (...), huit morceaux de toile noire aux armes de ci-devant la Dauphine, sept autres aux armes du ci-devant Roi, huit armoiries représentant les armes du défunt Louis XV (...)."
 
Les cloches furent envoyées aux Arsenaux d’État pour qu’il les coulent. Cependant un document mérite d’être restitué ici car il explique qu’une des cloches données par LOUIS XV en 1755 reste encore en place. C’est une lettre datée du 18 frimaire an Il et signée de l’évêque en place que nous avons déjà évoqué. J. AVOINE.
 
" Citoyens magistrats du peuple,
en arrivant hier à Versailles, j’ai appris que l’ordre était donné pour la descente des cloches qui se trouvent dans l’église cathédrale. Je n’ai point blâmé cette opération par les lois, et je l’ai moi-même approuvée dans l’assemblée de ma section, lorsque cette mesure y a été proposée. L unique objet de cette lettre, citoyens magistrats, est de vous prier de laisser subsister, pour le service de l’église Notre-Dame, la plus grosse des cloches et une des moyennes. Je crois que cette condescendance de votre part contribuera beaucoup au maintien de cette paix intérieure que nous aimons tous, sans nuire au bien général de la Patrie, à laquelle nous sommes également disposés à faire tous les sacrifices possibles.
J’ai l’honneur d’être dans les sentiments de la plus étroite fraternité votre Concitoyen".
 
C’est peut-être à cette démarche que Saint-Louis doit la conservation d’une de ses cloches.
Des membres de la " Société populaire de la Vertu Sociale des Sans-Culottes "dévastèrent l’édifice en 1794: lorsque le 9 frimaire an Il les patriotes portèrent à la convention les derniers vases sacrés et les " hochets de la superstition ", il ne restait plus rien dans l’église: livres, ornements, tapis, tout avait été détruit ou emporté.
 
Saint-Louis, dépourvue de tout, fut fermée au culte catholique. Elle devint "Temple de l’abondance " et on lui donna les attributs.
Un laboureur fut peint sur le frontispice de l’église.
 
Au-dessus du grand portail, on plaça deux inscriptions:
 
" Justement honoré par notre République, l’art de l’agriculture enfin va refleurir, l’habitant des campagnes vient de reconquérir les droits anéantis sous un roi despotique. "
 
" Les soins du laboureur actif et vigilant d’une riche moisson comblent notre espérance c’est au sein du travail que naquit l’abondance et de l’Etre éternel c’est le plus beau présent. "
 
Le charnier fut transformé en halle aux grains, et on trouve visibles à cet endroit les effigies de généraux républicains: mais le travail ne fut achevé, et très grossièrement, que du côté Saint-Honoré.
 
Quelques fêtes républicaines eurent lieu dans le Temple de l’abondance; mais faute de documents ou témoignages fiables nous ne pouvons en rendre compte ici.
 
Le dernier acte de baptême célébré à l’église Saint-Louis est daté eu 26 octobre 1792. Cependant à aucun moment le culte catholique romain ne fut interrompu dans la paroisse. Une vingtaine de prêtres s’y dévouèrent. Les registres des baptêmes et des mariages célébrés par eux demeurent dans les archives un témoignage de cette continuité.
Une information révélée par ces archives concerne les différents lieux où a continué de se dérouler le culte dans la paroisse Saint-Louis ainsi que les noms de ses ministres. Les frères CLEDAT, Victor et Arnoult LHOTE, Jacques-Martin POLLET, Pierre MARTIN et beaucoup d’autres prêtres tant séculiers que réguliers exercèrent le ministère pastoral a Grandchamp; aux écuries des Gardes du Corps, avenue de Sceaux; à la maison Lefranc, rue de l’Orangerie; à l’Hôtel BEAUREGARD. rue du Vieux-Versailles aux écuries d’Artois; et apparemment surtout au 37, rue de la paix (maintenant 10 rue Saint-Honoré), grande chapelle qui finit par devenir lieu de culte en 1800.
 
Cependant la loi du il prairial an III (30 mai 1795) rendit le libre exercice aux ministres des différents cultes qui en étaient en possession au premier jour de l’an Il, après avoir préalablement obtenu un acte de la municipalité constatant leur soumission aux lois. Les prêtres de Saint-Louis revinrent donc dans leur paroisse.
 
L’évêque AVOINE était mort; Augustin-Jean-charles CLEMENT devint évêque constitutionnel de Seine-et-Oise. La vie de Cet homme, dont nous ne pouvons évoquer tous les détails mais qui est relatée dans les mémoires secrets sur la vie de
M. CLEMENT évêque de Versailles (Saillart. Dictionnaire des Anonymes), eut une influence non négligeable sur la vie de l’église et de la paroisse Saint-Louis.
 
En effet, il décida de s’entourer de prêtres assermentés, forma un presbytère, publia des mandements, et surtout convoqua un synode qui s’ouvrit à Versailles le 18 janvier 1796 et tint quatre sessions. Il y fit plusieurs discours, écrivit au Pape une lettre de communion (qui nous n’avons pu consulter), écrivit à tous les prêtres du diocèse la lettre synodale qui avertit les dissidents " qu’ils ne sont pas dans la voie du Salut ", indiqua enfin une réunion générale dans l’église Saint-Louis pour l’élection d’un évêque.
 
En même temps il publiait les décisions de son " synode ". Il envoyait aux curés Cet
écrit que nous trouvons aux archives des Yvelines et dont le titre est: Actes du
Synode tenu par les curés du diocèse de Seine-et-Oise. le siège vacant à
Versailles. dans l’église-cathédrale Saint-Louis, le 18 janvier et jours suivants de J.C
1796 et le 28 nivôse de l’an IV de la République Française.
Cet écrit souleva un orage. Le Directoire ordonna la fermeture de l’église Saint-Louis et y fit mettre les scellés. Voici une partie de l’arrêté du Directoire:
 
"Le Directoire exécutif,
vu le rapport du Ministre de la police générale sur un imprimé ayant pour titre " actes du Synode tenu par les curés (...) "
considérant que, dès les premières lignes de cet écrit, les auteurs insultent avec audace la Révolution par les regrets qu’il manifestent de l’ancien régime (...) Que par un prétendu statut synodal, ils ont ouvert un correspondance officielle avec une puissance faisant partie de celles actuellement coalisées contre la République
 
Arrête ce qui suit:
 
ARTICLE 1: L’édifice de la ci-devant église sera fermé sur le champ
ARTICLE 2 L’administration du département de Seine-et-Oise est chargée de prendre les plus promptes mesures pour empêcher les rassemblements provoqués par l’écrit imprimé. (...).
 
Le ministre de la police générale de la République est chargé de l’exécution du présent arrêté.
 
Pour expédition conforme: (signé LETOURNEUR, président)
Par le Directoire exécutif: (signé LAGARDE)
Certifié conforme: (signé MERLIN)
Le 4 ventôse an IV de la République Française une et indivisible ".
 
Ces documents traitant de l’année 1796 sont intéressants car ils montrent bien quelle place a eu l’église Saint-Louis dans la querelle qui animait le gouvernement et une partie de l’Église.
 
 
QUAND SAINT-LOUIS DEVIENT CATHÉDRALE                                                                             haut de page
 
Monseigneur CHARRIER DE LA ROCHE devint le premier évêque du nouvel évêché de Versailles créé après le concordat de 1801.
 
Nous nous sommes trouvés en présence de la Lettre pastorale rédigée lors de son installation. Celle-ci pourrait paraître anodine, elle fournit pourtant des renseignements essentiels et pour le moins originaux, puisqu’elle nous apprend que quelques années auparavant le nouvel évêque avait prêté serment à la Constitution. Cette lettre, que nous ne pouvons citer toute entière, exprime donc sa rétractation qui fut publique et solennelle:
 
 
" Nous ne pouvons pas, et quand nous le pourrions, nous ne voulons pas vous taire que nous avons appartenu autrefois, momentanément, à une église qui n’avait pas le suffrage et la communion du Saint-Siège; ce fut sans esprit de schisme de notre part et notre conduite, toute répréhensible qu’elle pouvait être, fut plutôt une erreur de notre esprit qu’un égarement de notre cœur. Nous crûmes de bonne foi que la parti que nous avions embrassé était le seul moyen de sauver la religion catholique et l’exercice public de son ministère. (...) "
 
On trouve les premiers actes accomplis par cet évêque quelques jours seulement après son arrivée: puisgue le registre des baptêmes de la cathédrale atteste de celui de 17 adultes le 30 mai 1802.
 
C’est de plus sous son ministère que le pape PIE VII, venu à Paris pour sacrer l’Empereur Napoléon, vint visiter Versailles.
 
Ceci est conservé de nos jours dans le témoignage que constitue la presse de I’époque. En effet, on peut lire dans la Gazette de France:
 
"Versailles, le 3 janvier 1805
Le Saint-Père est arrivé aujourd’hui à Versailles, à Il heures. Il a été directement à l’Eglise-Cathédrale, où il a été reçu et complimenté par Monseigneur l’Evêque. Sa Sainteté a encensé le Saint-Sacrement et Monseigneur I’Evêque a donné le salut. Rien n’a été plus imposant que cette cérémonie: le Pape a paru, précédé de sa croix, avec ses habits pontificaux et la mitre en tête. A son aspect, le peuple, en recevant la bénédiction de Sa Sainteté, a donné tous les signes de la foi et de la piété chrétienne (...)"
 
 
Aux registres des baptêmes, nous avons aussi le procès-verbal de cette fête rédigé par Monsieur GANDOLPHE. curé de la Cathédrale.
 
De plus cet événement, à savoir le passage de PIE VII à Saint-Louis, est commémoré par le buste de ce dernier dans la chapelle de la Vierge.
 
 
CONSÉCRATION DE LA CATHÉDRALE
 
Cette cérémonie avait apparemment toujours été différée pour des causes majeures: tout d’abord par l’inachèvement des travaux intérieurs, puis par les troubles de la Révolution et les longues restaurations qu’ils ont occasionnées.
 
C’est au Centenaire de la pose de la première pierre qu’eut lieu cette consécration, comme en fait foi le procès-verbal suivant:
 
 
" L’an du Seigneur mil huit cent quarante-trois, la veille des Ides de novembre, le XXIIIème dimanche après la Pentecôte, sous le pontificat du Pape Grégoire XVIème du nom, en présence de MM. Les Vicaires généraux du diocèse, de MM. Les Chanoines et Chapitre de l’Eglise Cathédrale, de MM. Les Curé et Vicaires de l’Eglise et Paroisse Saint-Louis, de MM. Les administrateurs de la Fabrique; illustrissime et Révérendissime Père en Dieu, Monseigneur Louis-Marie-Edmond
Blancquart de Bailleul, troisième évêque de Versailles, a fait la consécration solennelle de l’Eglise cathédrale et paroissiale Saint-Louis de Versailles et du chœur de ladite Eglise, dans la forme et avec les cérémonies prescrites par la Sainte Eglise Catholique, cent ans cinq mois après que la première pierre en fut bénite par Monseigneur de Vintimille, Archevêque de Paris, et posée par Sa Majesté Louis quinze, Roi de France, fondateur et bienfaiteur de cette Eglise (...); quarante et un ans, six mois, vingt-quatre jours après son érection en Eglise Cathédrale par Notre Saint Père le pape Pie, septième du nom.
 
L.M., Évêque de Versailles.
 
(suivent les signatures des noms retranscrits ci-dessous)
Moreau, Chauvet, Dallier, Périn, Bony, Guet, Chauvel, Berry, Marchand, Meunier, Pinard, Laine, Grimot, Driou, Tricotel, Roppers, Gourdan, Boistard, Devins.
 
Avant de clore l’exposé des recherches concernant l’histoire de la Cathédrale SaintLouis, il faut citer un dernier document retrouvé dans les archives de la paroisse. Il s’agit de listes de souscription d’habitants de la ville de Versailles. comportant dix-neuf dizaines de noms et datées de 1833 à 1845.
 
En fait, à la suite d’un vœu fait lors du choléra de 1832, toute la chapelle de la Vierge fut refaite et ornée de vitraux. Les travaux durèrent de 1840 à 1848 et ces listes de souscription montrent que toute la ville prit part à l’érection de l’autel et de la statue de la Vierge, par MALKNECHT, qui le surmonte.
 
 
 
POUR CONCLURE...
 
Le champ d’investigation était immense; la lecture des différentes sources utilisées permet de s’en rendre compte.
 
Ces documents d’origines diverses et surtout de natures hétérogènes, ont permis de dégager les grandes lignes de l’histoire de l’église Saint-Louis pendant un peu plus de cent ans, et de mentionner parfois des épisodes peu communs: la tâche la plus fastidieuse résidant dan~ le tri des informations.
 
Nous l’avons vu, l’église prit part à l’histoire du Royaume puisqu’elle fut voulue par Louis XV; puis à l’histoire de la République à ses débuts en tant que souvent sujet de querelles.
 
Nous avons cru bon de stopper le compte-rendu des documents en 1843, année de la consécration de la Cathédrale.
 
Non que les documents faisaient défaut par la suite: on peut aisément l’imaginer, c’est le contraire qui s’est produit. Mais en fait on quittait à ce moment-là les tumultes qu’avait eus à subir l’église jusqu’alors, et le travail devenait d’une autre nature.
 
Cependant nous ne pouvons clore le sujet sans évoquer rapidement la suite des événements.
 
La messe du Saint-Esprit de l’Assemblée Nationale fut célébrée à Saint-Louis en 1875 comme l’avait été celle des Etats-Généraux en 1789.
 
L’inventaire ordonné par la loi de Séparation des Églises et de l’État de 1905 et effectué le 13 mars 1906 provoqua un grand tumulte dans le quartier, à en croire les témoignages. Les choses se bornèrent cependant à la fracture de la porte de la Sacristie qui en porte encore la trace.
 
La Cathédrale a peu souffert de la dernière guerre. Les dégâts ont été des bris de quelques vitraux lors de l’explosion de la poudrière de Satory en 1940 et du bombardement du 4 juin 1944.

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