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LES OEUVRES D'ART

Vingt-deux œuvres d’art sont classées parmi les Monuments historiques, depuis 1902 jusqu’en 1913. D’autres ne le sont pas.
Toutes les oeuvres ne sont pas d'égales valeur.
Nous présentons ici les plus caractéristiques.




Le mobilier

La chaire, qui est contemporaine de la construction de l’église, est en bois sculpté et ne manque pas d’élégance. Elle n’a pas toutefois l’admirable finesse du banc d’œuvre dont le dossier surmonté d’une sculpture ajourée est du style Louis XV le plus délicat : des enfants supportent la couronne royale au-dessus d’un médaillon où se détachent les lettres initiales de Saint Louis.

Les orgues de Clicquot sonnent merveilleusement. Le buffet, de bois sculpté, date de 1761. L’instrument a été restauré au XIX° siècle par Cavaillé-Coll. Les amateurs de statistique apprendront avec intérêt qu’il compte 3131 tuyaux.

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Louis-Philippe avait relégué ce groupe dans les réserves du château. On le ramena en 1852 à la cathédrale, mais on ne remit pas en place les plaques de marbre sur lesquelles étaient gravés les noms des souscripteurs...

 

 

Les vitraux sont peu remarquables. Il ne s’agit trop souvent que de ce verre peint qui a triomphé au XIX° siècle. Ni les teintes, ni la façon banale dont les sujets sont traités n’offrent d’originalité. Seules, les verrières de la chapelle de la Vierge peuvent retenir l’attention. Elles ont d’abord la particularité d’avoir été exécutées à la Manufacture royale de Sèvres. Elles datent de 1848. Les cartons en furent dessinés par Achille Deveria, qui les a signés. La première est consacrée au mystère de l’Annonciation : l’ange Gabriel apparaît à la Vierge Marie en prières, que le Saint-Esprit couvre de rayons de feu. La seconde représente l’Assomption : les anges transportent la Vierge en Paradis, tandis que les Apôtres sont agenouillés autour du tombeau garni de fleurs. Le dessin manque de vigueur, mais les tons sont assez chatoyants et agréables.









Enfin, les bénitiers en marbre blanc qui sont à l’entrée de la nef sont dus au sculpteur Hersent et datent de 1780. Ce sont d’excellents morceaux. Pourtant, la Fabrique de la paroisse trouva les prétentions de l’artiste un peu excessives. Pajou, qui travaillait alors à l’église, fut choisi pour arbitre et fixa les honoraires de son confrère à 1372 livres. Pour son expertise, il reçut 48 livres.

Les tableaux

Tableaux, bas-reliefs et boiseries
Saint-Pierre délivré de prison 
Saint-Louis en prière
La Prédication de Saint Vincent de Paul
Le Baptême du Christ
La Vierge et l'Enfant
La descente de Croix
Le Baptême de Clovis
L'adoration des Bergers

Si nombreux sont les tableaux qu’il convient de les répartir par époques. Le plus ancien, situé au-dessus de la porte d’entrée du collatéral de droite, est l’œuvre d’un certain G. Saurlay, de Lyon, et daté de 1664. C’est le fameux Quo Vadis. Il représente l’apparition de Notre Seigneur à saint Pierre fuyant Rome. L’histoire de cette toile est assez singulière. Elle fut échangée par la cathédrale de Paris avec celle de Versailles contre une autre figurant le Vœu de Louis XIII, de Van Loo. Elle fut fâcheusement mutilée au XIX° siècle quand on éprouva, sans nécessité, le besoin de l’arrondir.

Ce tableau faisait jadis pendant à la Résurrection du fils de la veuve de Naïm. Cette toile, aujourd’hui dans la sacristie, est due à Jean Jouvenet et date de 1708. Avant la Révolution, elle appartenait au couvent des Récollets de Versailles et fut donnée par le Louvre à la cathédrale Saint-Louis en 1802.

Il était naturel que la chapelle Saint-Louis, qui ouvre sur le déambulatoire, ait été ornée d’un tableau consacré au saint roi de France. L’œuvre fut commandée par Louis XV lui-même à François Lemoyne, un de ses peintres préférés. Le coloris est frais, les angelots qui entourent le roi joufflus à souhait. Le tableau est plus profane que religieux. C’est dans cette chapelle, qu’est exposé, sur une fine console de bois doré, le reliquaire de saint Louis qui date du XVII° siècle et provient de la chapelle du château.

On peut passer sans s’attarder sur la Présentation de la Vierge au temple, tableau qu’un artiste versaillais passablement oublié, Collin de Vermont, exécuta pour l’église Saint-Louis en 1755. Collin fut un bon élève de Rigaud. L’académisme n’est pas exempt de cette toile correcte.

On ne s’arrêtera guère plus longtemps devant le Baptême du Christ d’Amédée Van Loo, placé dans la chapelle des fonts baptismaux et qui date de 1761. L’œuvre montre qu’Amédée avait moins de talent que Carie.

Il est singulier de constater que sept toiles qui ornent les chapelles de la cathédrale datent de cette même année 1761. Noël Hallé est l’auteur d’un saint Vincent de Paul prêchant parfaitement froid. Un certain Etienne Jeaurat, qui mourut à Versailles en 1789, a peint une Adoration du Sacré-Cœur et un Songe de saint Joseph offerts par Louis XV, qui figurèrent tous deux au Salon de 1761 et ornent respectivement la chapelle du Sacré-Cœur et celle de saint Joseph.

De toutes ces œuvres de l’an 1761, une seule mérite vraiment l’admiration : c’est l'Adoration des Bergers de Jean Restout. Elle est située dans le bras droit du transept. Par la chaleur du coloris, le contraste des tons, l’harmonie de la scène, Jean Restout a peint une œuvre magistrale digne de ce grand artiste.

On ne peut pas tout signaler, mais il serait injuste d’omettre les deux tableaux de François Boucher. Le peintre de gracieux nus féminins n ‘était pas particulièrement inspiré par les sujets religieux. Pourtant, saint Pierre marchant sur les eaux (chapelle Saint-Pierre), qui date de 1764, et saint Jean-Baptiste prêchant dans le désert ne sont pas absolument indignes de ce grand artiste et les figures de femmes et d’enfants sont bien caractéristiques de son talent.

Dans la sacristie, on conserve le portrait du second curé de Saint-Louis, l’abbé Baret qui resta en charge pendant vingt-deux ans, de 1755 à 1777. C’était un prêtre bon et zélé. Il avait son franc-parler et n’hésitait pas à s’exprimer librement devant le roi. Un jour, Louis XV s’informe près de lui de l’état de ses ouailles :

- " Avez-vous beaucoup de pauvres ?
- Trop, Sire, répond le curé.
- Le nombre des malheureux augmente donc ?
- Oui, Sire, et nous avons jusqu’à des valets du palais qui demandent des secours !
- Je pense bien, soupire Louis XV, nous les payons si mal. "

Le portrait de M. Baret, exécuté par le peintre Coqueret en 1776, appartint longtemps au château. C’est une œuvre honnête et expressive.

Il ne faut pas confondre hallebarde et pertuisane. L’extrémité supérieure de la première porte une hache, la seconde un simple fer de lance précédé de deux oreillons. Les pertuisanes étaient l’arme des Gardes-Suisses. Celle que conserve la sacristie de la cathédrale est en acier damasquiné d’or et date du XVIII° siècle.


Le trésor de la Cathédrale

Voir quelques pièces du Trésor >>

Outre le reliquaire de saint Louis, le trésor de la cathédrale est surtout constitué par un magnifique évangéliaire et un épistolaire écrits et décorés à la main par deux artistes, Joras de Bertry et François Blondeau. On réserve habituellement l‘admiration aux manuscrits enluminés du Moyen Age ou de la Renaissance. Il faut reconnaître qu’au XVIII° siècle, l’art de la miniature ne s’était pas entièrement perdu. Le pinceau et la plume de Gilbert et Saudreau du Mesnil s’unissaient pour exécuter des canons d’autel d’une rare élégance.

Il faut signaler également dans le trésor de la cathédrale de nombreuses pièces d'orfèvrerie et des ornements liturgiques de valeur. Les Monuments Historiques prévoient des vitrines dans la sacristie pour les exposer en permanence au regard des visiteurs...

Par son caractère homogène, sa majestueuse grandeur, les richesses artistiques qu’elle possède, la cathédrale Saint-Louis de Versailles est donc un édifice digne de la ville royale, un des exemples les plus originaux de l’architecture religieuse du XVIII° siècle.